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Loi Taquet 2022 et protection de l'enfance : ce qui change pour les assistants familiaux

Depuis 2016, deux lois majeures ont transformé le cadre juridique dans lequel exercent les assistants familiaux en France. La loi du 14 mars 2016 sur la protection de l'enfant a restructuré la politique de l'ASE autour des besoins fondamentaux de l'enfant. La loi Taquet du 7 février 2022 est allée plus loin en réformant profondément le statut et la rémunération des assistants familiaux.

Si vous êtes candidat à l'agrément ou assistant familial en exercice, ces textes définissent vos droits, vos obligations et les conditions dans lesquelles vous travaillez. Voici ce qui a concrètement changé.

La loi du 14 mars 2016 : centrer le placement sur l'enfant

La loi n° 2016-297 a introduit plusieurs avancées structurelles.

La stabilité du parcours de l'enfant : avant 2016, les enfants placés pouvaient connaître de nombreux changements successifs de lieu d'accueil ou de famille d'accueil, avec des effets dévastateurs sur leur développement. La loi a imposé à l'ASE de veiller activement à la stabilité du parcours, en limitant les ruptures de placement injustifiées. L'article L221-1 du Code de l'action sociale et des familles impose désormais une obligation de continuité dans le suivi.

Les actes de la vie ordinaire : la loi a clarifié la distinction entre les actes que l'assistant familial peut accomplir seul (sorties scolaires, vaccins de routine, soins courants) et les actes nécessitant l'accord des parents biologiques ou du juge (changement d'école, voyage à l'étranger, opération médicale non urgente). Avant cette clarification, des hésitations répétées sur des décisions banales ralentissaient la vie quotidienne et créaient des frictions inutiles.

Le Projet pour l'Enfant (PPE) : la loi a renforcé le rôle du PPE comme document central du placement, obligatoirement actualisé en fonction de l'évolution des besoins de l'enfant. L'assistant familial est explicitement associé à son élaboration.

La loi Taquet du 7 février 2022 : trois avancées majeures pour les assistants familiaux

1. La garantie de SMIC dès le premier enfant

Avant la loi Taquet, un assistant familial n'accueillant qu'un seul enfant pouvait percevoir une rémunération inférieure au SMIC en cas de temps de présence partielle. La loi a mis fin à cette précarité en instaurant un salaire minimum garanti égal au SMIC (151,67 heures) dès le premier enfant, quelle que soit la configuration de l'accueil.

Cette mesure a eu un effet direct sur l'attractivité du métier, même si les difficultés de recrutement persistent du fait de contraintes logement dans les zones denses.

2. Le maintien de salaire en cas de suspension

Si l'agrément est suspendu en raison d'une suspicion de danger (enquête administrative ou judiciaire en cours), l'assistant familial conserve désormais sa rémunération de base pendant toute la durée de la suspension.

Avant 2022, une suspension pouvait entraîner une perte de revenus immédiate, même si les faits se révélaient ensuite infondés ou mal caractérisés. Cette situation était vécue comme une double peine : être mis en cause professionnellement tout en perdant ses ressources. La loi a remédié à cette injustice.

3. La création d'un Fichier National des Agréments

La loi Taquet a instauré un registre national centralisant tous les agréments accordés, suspendus ou retirés en France. L'objectif est d'empêcher qu'un assistant familial dont l'agrément a été retiré dans un département puisse demander un nouvel agrément dans un autre département sans que ses antécédents soient connus.

Ce fichier national marque une évolution importante vers la professionnalisation du secteur et la protection des enfants confiés.

Ce que la loi Taquet n'a pas résolu

Les avancées de 2022 sont réelles, mais elles ne résolvent pas tous les problèmes structurels du secteur.

La pénurie d'assistants familiaux continue de s'aggraver. Environ 50 % des assistants familiaux actuellement en exercice partiront à la retraite d'ici 2030, selon les données de la DREES. Le nombre de recrutements ne compense pas ces départs, notamment dans les zones urbaines où les logements adaptés sont rares et chers.

La surcharge des départements entraîne des délais d'instruction des agréments qui dépassent régulièrement les quatre mois légaux. Certains candidats attendent six à neuf mois avant d'obtenir une réponse.

L'isolement professionnel reste une réalité pour de nombreux assistants familiaux, en particulier dans les zones rurales. Le soutien pluridisciplinaire prévu par la loi (accompagnement psychologique, réunions de synthèse régulières) n'est pas appliqué uniformément selon les départements.

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Le rôle des éducateurs spécialisés dans l'équipe ASE

Les éducateurs spécialisés de l'ASE ne sont pas des assistants familiaux, mais ils sont des collègues incontournables. Le référent ASE qui suit l'enfant que vous accueillez est souvent un éducateur spécialisé. Il coordonne le projet de l'enfant, fait le lien entre la famille d'accueil, les parents biologiques, l'école et les structures de soins.

Comprendre les missions et les contraintes des éducateurs spécialisés améliore la collaboration et diminue les frictions. Ils ne sont pas là pour surveiller votre travail : ils sont là pour assurer la cohérence du projet global de l'enfant.


Notre guide de l'accueil familial en France intègre les dispositions actualisées issues de la loi Taquet et de la loi de 2016, et vous explique concrètement ce que ces textes signifient pour votre quotidien professionnel. Accédez au guide pour exercer en toute connaissance de vos droits.

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