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Adoption internationale en France : pays ouverts, procédure et coûts en 2026

Adoption internationale en France : pays ouverts, procédure et coûts en 2026

L'adoption internationale telle que beaucoup l'imaginent n'existe presque plus. En 2025, seulement 69 enfants ont été adoptés à l'étranger par des familles françaises — contre des milliers dans les années 2000. Ce n'est pas une question de volonté des familles : c'est la contraction structurelle d'un système qui s'est progressivement fermé pour des raisons éthiques et diplomatiques.

Pour les familles qui envisagent encore cette voie, le contexte de 2026 est radicalement différent de celui d'il y a dix ans. Voici ce qui est encore possible — et à quelles conditions.

Pourquoi l'adoption internationale s'est effondrée

La baisse est spectaculaire : 5 141 adoptions internationales en 2005, 104 en 2024, 69 en 2025. Trois facteurs expliquent ce recul :

Le principe de subsidiarité. La Convention de La Haye de 1993, signée par la plupart des pays d'accueil et d'origine, exige qu'un enfant ne puisse être adopté à l'international que si aucune solution locale satisfaisante n'a été trouvée dans son pays d'origine. Concrètement, les pays d'origine investissent d'abord dans l'adoption nationale — et réservent aux familles étrangères uniquement les enfants qu'ils ne peuvent pas placer localement.

Les fermetures unilatérales de pays. La Chine, longtemps premier pays d'origine, a officiellement cessé de confier des enfants à l'adoption internationale le 28 août 2024. Le Vietnam est sous suspension française depuis le 5 mars 2026 pour réévaluation des procédures locales. De nombreux autres pays ont réduit ou suspendu leurs programmes.

L'interdiction de l'adoption individuelle. Depuis la loi du 21 février 2022, les familles françaises ne peuvent plus adopter un enfant à l'étranger sans passer par un intermédiaire agréé. Toute tentative de contournement est frappée de nullité et passible de sanctions pénales (art. L. 225-19 du CASF).

Les pays encore ouverts en 2026

Le paysage des pays d'origine est très restreint. Les corridors actifs et stables début 2026 sont les suivants :

Pays Adoptions françaises (2025) Situation 2026
Thaïlande 24 Corridor le plus stable via le GIP
Colombie 8 Priorité aux enfants à besoins spécifiques et fratries
Inde 6 Procédure centralisée via CARINGS (base de données nationale)
Vietnam 5 Suspension française depuis le 5 mars 2026
Bulgarie 4 Délai 3 à 5 ans
Madagascar 4 Délai 3 à 5 ans

Les profils d'enfants disponibles dans ces pays sont en majorité des enfants plus âgés (souvent 3 à 12 ans), des enfants porteurs de handicap, ou des fratries. Les nourrissons sont rarissimes.

Le cadre institutionnel : AFA, GIP et OAA

Le GIP France Enfance Protégée est la structure publique créée en janvier 2023 qui a absorbé les missions de l'Agence Française de l'Adoption (AFA). L'AFA conserve son nom pour ses relations internationales mais opère désormais comme un service au sein du GIP. C'est l'opérateur public de référence pour les familles françaises qui veulent adopter à l'étranger.

La Mission de l'Adoption Internationale (MAI), rattachée au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, est l'autorité centrale française au sens de la Convention de La Haye. Elle coordonne la politique nationale, habilite les OAA, et délivre les visas long séjour adoption (VLSA) indispensables pour ramener l'enfant en France.

Les OAA (Organismes Autorisés pour l'Adoption) sont des associations privées habilitées pour des pays spécifiques. Chaque OAA maintient des relations avec les autorités locales d'un ou plusieurs pays et accompagne les familles dans la constitution des dossiers locaux, la mise en relation avec les tribunaux étrangers, et le suivi du dossier sur place. Le choix de l'OAA conditionne directement le pays où vous pouvez adopter.

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La procédure pas à pas

1. L'agrément

Identique à celui requis pour l'adoption nationale : déposé auprès de l'ASE du département de résidence, délai légal de neuf mois, enquête sociale et évaluation psychologique. L'agrément est valable cinq ans.

2. Le choix du pays et de l'opérateur

Une fois l'agrément obtenu, les familles choisissent un pays et un opérateur (AFA ou un OAA habilité pour ce pays). Ce choix engage le reste de la démarche. Il est fortement recommandé de rencontrer plusieurs OAA avant de s'engager, de vérifier leur habilitation MAI, et de demander des références de familles ayant adopté via eux récemment.

3. La constitution du dossier international

L'opérateur guide la constitution d'un dossier qui répond aux exigences spécifiques du pays d'origine : traductions assermentées, apostilles, rapports d'enquête sociale traduits, certificats médicaux. Ce dossier est transmis à l'autorité centrale du pays d'origine.

4. L'apparentement

L'autorité centrale du pays d'origine sélectionne l'enfant en fonction du profil des candidats. Les familles reçoivent un dossier de l'enfant (photos, état de santé, histoire) et disposent d'un délai pour accepter ou refuser.

5. Le séjour à l'étranger

Selon le pays, une ou plusieurs visites sont obligatoires. Certains pays imposent un séjour de plusieurs semaines (parfois plusieurs mois pour la Thaïlande ou l'Inde). Le jugement d'adoption est prononcé localement.

6. Le retour en France et la transcription

La MAI délivre le visa long séjour adoption (VLSA) pour que l'enfant puisse entrer en France. À l'arrivée, la transcription du jugement étranger est demandée au Parquet du Tribunal Judiciaire de Nantes (SCEC). Si le jugement étranger ne produit pas les effets d'une adoption plénière, les parents peuvent demander une conversion devant le tribunal judiciaire de leur domicile (art. 370-5 du Code civil).

Les coûts réels en 2026

L'adoption d'un pupille de l'État est gratuite en France (hors frais de déplacement). L'adoption internationale, elle, représente un investissement financier important :

Poste de dépense Fourchette
Frais d'OAA (France) — préparation et dossier 3 000 € à 5 000 €
Frais locaux dans le pays d'origine 5 000 € à 15 000 €
Voyages et séjours 5 000 € à 10 000 €
Total moyen 15 000 € à 25 000 €

Ces coûts sont payés sans garantie de succès — un dossier peut être refusé à l'étranger, un pays peut fermer en cours de procédure, un apparentement peut ne jamais venir. L'investissement financier se fait sur plusieurs années, souvent sans possibilité de remboursement en cas d'échec.

Il existe des déductions fiscales partielles liées aux frais d'adoption internationale, à confirmer avec un expert-comptable selon la situation fiscale du foyer.

Faut-il un avocat pour une adoption internationale ?

Dans la plupart des cas, non. L'OAA ou l'AFA assure l'accompagnement procédural, et les démarches de transcription en France ne requièrent pas d'avocat. Un avocat spécialisé en droit de la famille est utile dans des situations spécifiques :

  • Adoption depuis un pays n'ayant pas signé la Convention de La Haye (procédure d'exequatur plus complexe)
  • Litige sur la reconnaissance du jugement étranger
  • Contestation d'un refus d'agrément ou d'un refus de visa VLSA
  • Conversion d'une adoption simple étrangère en adoption plénière française

Si vous vous retrouvez dans l'une de ces situations, choisissez un avocat spécialisé en droit de la famille internationale ou en droit de l'adoption — pas un généraliste.


Préparer un projet d'adoption internationale en 2026 demande de comprendre à la fois le cadre légal français, les exigences des pays d'origine, et les réalités des délais actuels. Le Guide complet de l'adoption en France couvre l'ensemble de la procédure nationale et internationale, avec les documents à préparer et les points de vigilance à chaque étape.

À retenir

  • Seulement 69 adoptions internationales ont eu lieu en France en 2025 — c'est une voie d'exception, pas un parcours standard
  • Toute adoption internationale doit passer par l'AFA (GIP) ou un OAA habilité — l'adoption individuelle est interdite depuis 2022
  • Les pays encore actifs en 2026 sont principalement la Thaïlande, la Colombie, et l'Inde
  • Le coût total moyen est de 15 000 € à 25 000 €, sans garantie de succès
  • Un avocat spécialisé n'est nécessaire que dans des situations procédurales spécifiques

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