$0 Canton de Vaud — Checklist famille d'accueil

APEA Lausanne, DGEJ et ORPM Vaud : comprendre les institutions de la protection de l'enfance

APEA Lausanne, DGEJ et ORPM Vaud : comprendre les institutions de la protection de l'enfance

L'une des premières choses qui désarçonnent les candidats à l'accueil familial dans le Canton de Vaud, c'est le nombre d'acronymes. DGEJ, ORPM, APEA, UPAS, CEMA, SPJ — chaque interlocuteur semble appartenir à une institution différente, avec des compétences qui se chevauchent ou s'ignorent selon les situations.

La confusion n'est pas anodine. Elle génère des erreurs pratiques : on s'adresse à la mauvaise autorité, on attend une décision de la part d'un service qui n'a pas ce pouvoir, ou on perçoit une instance judiciaire comme une menace alors qu'elle joue un rôle protecteur. Comprendre qui fait quoi est une compétence de survie administrative pour toute famille qui s'engage dans le placement ou l'adoption.

La DGEJ : l'autorité administrative centrale

La Direction Générale de l'Enfance et de la Jeunesse (DGEJ) est le pivot du système. Elle a remplacé le Service de Protection de la Jeunesse (SPJ) — un changement de nom et de périmètre que beaucoup de familles ignorent encore, continuant à chercher "SPJ" sur Google et trouvant des pages obsolètes.

La DGEJ est compétente pour :

  • Recevoir les candidatures des familles souhaitant accueillir un enfant
  • Conduire les évaluations psycho-sociales d'aptitude
  • Délivrer les agréments (autorisations générales d'accueil)
  • Assurer le suivi et la surveillance des placements
  • Gérer les procédures d'adoption nationale et internationale via son Pôle adoption

Son Pôle d'accueil familial, basé à Lausanne (Rue de la Paix 6), centralise les expertises. Pour contacter ce service : 021 316 53 59 ou [email protected].

Les ORPM : les interlocuteurs de terrain

La DGEJ est organisée en Offices Régionaux de Protection des Mineurs (ORPM), répartis sur le territoire cantonal pour assurer une proximité géographique avec les familles. C'est votre ORPM de district qui, dans la pratique, sera votre interlocuteur quotidien une fois le placement établi.

L'ORPM désigne un référent de l'enfant — généralement un assistant social — qui coordonne le projet éducatif et maintient le lien entre la famille d'accueil, la famille biologique et les autres professionnels impliqués (thérapeutes, médecins, enseignants). Ce référent n'est pas un contrôleur. Son mandat est de faciliter, non de surveiller.

La surveillance formelle du placement est assurée par l'Unité de Pilotage, d'Autorisation et de Surveillance (UPAS), qui effectue une visite annuelle auprès de chaque famille d'accueil. Cette visite évalue à la fois les conditions matérielles du placement et le bien-être de l'enfant.

L'APEA : l'autorité judiciaire, pas administrative

C'est l'institution la plus redoutée — et la plus mal comprise. Dans l'imaginaire collectif vaudois, l'APEA est associée à des décisions radicales : retrait de garde, séparation d'un enfant de sa famille, placement forcé. Cette réputation n'est pas sans fondement, mais elle n'est pas complète.

Dans le Canton de Vaud, la fonction d'Autorité de Protection de l'Enfant et de l'Adulte (APEA) est assurée par la Justice de paix. Il en existe neuf dans le canton, réparties par district :

Région Justice de paix Siège
Centre District de Lausanne Lausanne
Nord Jura-Nord vaudois / Gros-de-Vaud / Broye-Vully Yverdon-les-Bains / Payerne
Est Lavaux-Oron / Aigle / Riviera-Pays-d'Enhaut Vevey / Aigle / Cully
Ouest Ouest lausannois / Morges / Nyon Renens / Morges / Nyon

La Justice de paix à Lausanne siège aux Côtes-de-Montbenon 8 (tél. 021 316 10 60). Elle est composée d'un juge de paix et de deux assesseurs, souvent issus des domaines social, psychologique ou médical — ce qui lui donne un caractère interdisciplinaire.

L'APEA intervient principalement dans quatre types de situations :

  1. Pour ordonner des mesures civiles de protection (curatelles, retraits de droit de déterminer le lieu de résidence)
  2. Pour nommer des curateurs représentant les intérêts de l'enfant
  3. Pour statuer sur des conflits liés aux droits de visite dans les situations de placement
  4. Pour valider certaines décisions d'adoption (notamment le consentement à l'adoption)

Si vous êtes famille d'accueil, vous n'avez généralement pas de contact direct avec l'APEA au quotidien. Ce contact peut survenir si le placement fait l'objet d'un litige avec les parents biologiques, si la famille d'accueil souhaite contester une décision de la DGEJ, ou si une procédure d'adoption est initiée.

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Vos droits en tant que famille d'accueil

Les familles d'accueil ont des droits formels dans le cadre du système vaudois, même si ceux-ci sont rarement exposés de manière proactive lors des séances d'information.

Droit à l'information : Vous avez le droit d'être informés des éléments pertinents du dossier de l'enfant, notamment ceux qui sont nécessaires à son éducation et à son suivi de santé.

Droit à la participation : Vous pouvez être entendus par la DGEJ ou la Justice de paix lorsque des décisions importantes concernant l'enfant placé chez vous sont envisagées.

Droit au soutien : La DGEJ est tenue d'assurer un accompagnement des familles d'accueil. En pratique, cela passe par les ORPM et, en cas de difficultés, par l'orientation vers des soutiens spécialisés (supervision, thérapie familiale).

Droit de recours : Si vous êtes en désaccord avec une décision concernant le placement ou l'enfant, vous pouvez exercer un recours devant les instances cantonales compétentes.

L'Association Vaudoise des Parents d'Accueil (AVPA) joue un rôle déterminant dans la défense de ces droits. Elle propose des groupes de parole, du soutien par les pairs et un accès à des ressources juridiques. L'organisation nationale PACH (Pflegekinder-Aktion Schweiz) complète ce réseau avec des ressources couvrant le droit fédéral.

Quand l'APEA devient un allié

Une famille d'accueil qui accueille un enfant depuis plusieurs années et qui voit la possibilité d'une adoption se profiler peut, dans certains cas, saisir l'APEA comme levier. Si la réintégration en famille biologique est devenue définitivement impossible et que les parents biologiques refusent de consentir à l'adoption, l'APEA peut examiner si ce refus est compatible avec l'intérêt supérieur de l'enfant. Dans les cas les plus clairs, l'article 268b du Code civil permet de passer outre ce refus.

Ces situations sont rares et juridiquement complexes. Mais elles montrent que l'APEA n'est pas simplement une institution de contrainte — elle peut être, pour les familles d'accueil engagées dans un projet de vie à long terme avec l'enfant, un recours protecteur.

Pour une description complète des démarches devant la DGEJ, l'APEA et les ORPM — avec les formulaires, les délais et les droits à chaque étape — consultez le guide sur l'accueil familial et l'adoption dans le Canton de Vaud.

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