$0 Canton de Vaud — Checklist famille d'accueil

Accueil familial renforcé et placement en famille élargie dans le Canton de Vaud

Accueil familial renforcé et placement en famille élargie dans le Canton de Vaud

Tout le monde ne devient pas famille d'accueil par vocation générale. Certains y viennent parce qu'un enfant de leur propre famille — un petit-fils, une nièce, le fils d'une amie en crise — se retrouve soudain sans filet de sécurité, et que l'institution leur semble une option inacceptable. D'autres parce qu'ils accueillent déjà un enfant présentant des besoins complexes et cherchent à comprendre ce que le canton peut faire pour les soutenir davantage.

Ce sont deux parcours distincts dans le système vaudois — le placement en famille élargie et l'accueil familial renforcé — mais ils partagent une caractéristique commune : ils sont mal connus, sous-utilisés, et souvent mal compris par ceux qui en auraient le plus besoin.

Le placement en famille élargie : quand la famille choisit de rester famille

Le Canton de Vaud privilégie, lorsque la situation le permet, le maintien de l'enfant au sein de son réseau familial élargi. C'est ce qu'on appelle le placement en famille élargie (ou placement en parenté) : un grand-parent, un oncle, une tante, voire un ami proche de la famille qui accepte d'accueillir un enfant dans son foyer, avec l'accord de la DGEJ.

Ce choix repose sur un principe de continuité : l'enfant garde ses repères identitaires, culturels et affectifs. Il n'est pas coupé de son histoire.

Ce que beaucoup de familles ignorent

Longtemps, les familles élargies qui accueillaient un enfant le faisaient "gratuitement" — par devoir familial, sans statut officiel ni compensation financière. Cette situation a évolué. Dans le Canton de Vaud, les familles élargies qui obtiennent une autorisation de la DGEJ sont désormais indemnisées au même titre que les familles d'accueil tierces : elles perçoivent le forfait mensuel de 1 900 CHF.

Ce changement reconnaît officiellement la charge financière et éducative que représente ce type de placement, quel que soit le lien biologique entre l'accueillant et l'enfant.

La procédure n'est pas allégée

Un point qui surprend souvent les grands-parents ou les proches : même si vous êtes la grand-mère biologique de l'enfant, vous devez passer par la même procédure d'évaluation que n'importe quelle famille d'accueil inconnue. Casier judiciaire spécial, certificat médical, visite à domicile, entretiens psycho-sociaux, autorisation de la DGEJ — rien n'est automatique.

Ce n'est pas un manque de confiance envers vous. C'est la garantie légale que l'autorisation accordée repose sur une évaluation formelle de l'intérêt de l'enfant, et non sur le seul lien du sang.

Cette réalité crée une frustration compréhensible chez les familles qui se sentent "traitées comme des étrangers". Elle peut aussi provoquer des tensions : un enfant en danger ne peut pas attendre quatre à six mois d'évaluation. Dans les situations d'urgence, la DGEJ peut accorder une autorisation provisoire pour sécuriser l'enfant dans l'immédiat, en parallèle à l'ouverture d'une procédure d'évaluation formelle.

Spécificités émotionnelles du placement en parenté

Accueillir un enfant de sa propre famille, c'est aussi se retrouver pris entre deux loyautés : envers l'enfant que vous accueillez et envers son parent — votre fils, votre fille, votre sœur — qui vit peut-être une crise grave. Les familles élargies sont souvent moins bien préparées à ce déchirement que les familles d'accueil tierces, parce qu'elles n'ont pas suivi la même formation psychosociale initiale avant l'arrivée de l'enfant.

La DGEJ et l'Association Vaudoise des Parents d'Accueil (AVPA) proposent des ressources spécifiques pour ces situations. Les solliciter n'est pas une faiblesse — c'est un signe de lucidité sur la complexité du rôle.

L'accueil familial renforcé : quand les besoins de l'enfant dépassent le cadre ordinaire

Le placement ordinaire est conçu pour des enfants dont les besoins — bien que réels — restent dans les limites de ce qu'une famille compétente et bien accompagnée peut gérer. Mais certains enfants arrivent avec des histoires qui laissent des traces profondes : traumatismes précoces, troubles du comportement sévères, handicaps physiques ou psychiques, maladies chroniques.

Pour ces situations, le Canton de Vaud a créé le statut d'accueil familial renforcé.

Qui est concerné ?

L'accueil familial renforcé s'adresse aux familles qui accueillent des mineurs présentant :

  • Un handicap physique ou mental nécessitant une prise en charge spécialisée
  • Des troubles graves du comportement (hyperactivité sévère, troubles de l'attachement réactif, comportements agressifs, automutilation)
  • Des besoins médicaux complexes nécessitant une disponibilité accrue
  • Un cumul de plusieurs facteurs de vulnérabilité

Ce statut n'est pas une décision que vous prenez seul. C'est la DGEJ — en lien avec les professionnels de santé mentale ou médicaux suivant l'enfant — qui le reconnaît et l'attribue. Il peut être accordé dès le début d'un placement si la situation de l'enfant le justifie, ou accordé en cours de placement si les besoins de l'enfant évoluent.

Le supplément financier de 600 CHF

Les familles bénéficiant de ce statut perçoivent un supplément forfaitaire de 600 CHF par mois, en sus du forfait ordinaire de 1 900 CHF. Ce supplément est réévalué annuellement. Il compense partiellement la disponibilité accrue, la fatigue émotionnelle plus importante, et souvent la nécessité de réduire son activité professionnelle pour assurer les soins ou les thérapies.

Ce montant ne suffit pas à couvrir tous les surcoûts réels d'un placement complexe — en particulier lorsque des thérapies spécialisées ou du matériel adapté sont nécessaires. Mais il constitue une reconnaissance formelle que certains placements exigent davantage que d'autres.

Compétences attendues et formation spécialisée

Prétendre au statut d'accueil renforcé suppose des compétences pédagogiques ou médicales que la formation initiale de la HETSL ne suffit généralement pas à couvrir seule. La DGEJ évaluera vos antécédents professionnels (dans l'enseignement spécialisé, les soins infirmiers, le travail social, la pédopsychiatrie), votre expérience personnelle avec des enfants à besoins particuliers, et votre réseau de soutien professionnel.

Des formations complémentaires proposées par la HETSL ou par l'ARFEC — sur la gestion des comportements difficiles, les troubles de l'attachement, la parentalité thérapeutique — sont fortement recommandées et parfois exigées.

Le risque du burnout

Les familles en accueil renforcé sont statistiquement plus exposées à l'épuisement. La DGEJ en est consciente et prévoit, pour ces situations, un droit accru aux périodes de relais — des placements temporaires permettant à la famille d'accueil de se reposer. Ces relais sont organisés par les ORPM et financés selon les barèmes prévus pour l'accueil de relais.

Si vous envisagez ce type d'engagement, anticiper ces moments de respiration dans votre organisation familiale n'est pas un luxe — c'est une condition de durabilité du placement.

Pour connaître les critères précis d'attribution du statut renforcé, les démarches auprès de la DGEJ et les ressources disponibles dans votre district, le guide complet sur l'accueil familial et l'adoption dans le Canton de Vaud couvre ces deux dispositifs avec les coordonnées des services compétents et les formulaires actualisés.

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